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En 2008-2009, une nouvelle crise. Plus grave encore celle-là, affirme

O’Neil Cloutier. Le marché est inondé de petits homards alors que le

Québec a adopté des mesures de gestion des stocks fixant des standards

de taille commerciale. La Gaspésie ne mettra dorénavant en marché que

les homards de plus de 82 mm et de moins de 145 mm. Pour protéger à la

fois les plus jeunes spécimens et les gros géniteurs. Dans son ensemble,

toute la pêche se porte bien et les débarquements ont augmenté au

fil des ans, si bien que l’offre globale dépasse largement la demande inté-

rieure. Les prix chutent, même si les coûts d’exploitation des bateaux ont

continué d’augmenter. « Au fil du temps, on perdait notre marché et notre

nom au profit de marques anonymes », observe Jean Côté, le biologiste

du Regroupement. « Il nous fallait retrouver notre place. »

« En 2012, nous prenons les devants en implantant un journal de bord

électronique sur tous les homardiers. Les pêcheurs y inscrivent chaque

jour les données de capture, de même que les prises accidentelles. » Il

s’agit d’une des étapes menant à une reconnaissance des pratiques de

pêche durable. Puis, s’amorce le travail autour de la certification d’origine.

Alors que les consommateurs se montrent de plus en plus préoccupés par

l’achat local, on a l’idée de revenir vers eux pour les aider à reconnaître

l’origine du homard qu’ils consomment. Plusieurs, à condition qu’ils

obtiennent une information fiable, seraient même prêts à payer plus

cher pour un tel régal. On décide de miser sur Internet et les réseaux

sociaux. Le homard 2.0 fait son apparition.

DES MILLIERS DE CLICS ET D’ADEPTES

FACEBOOK PLUS TARD

On dit des crises qu’elles stimulent l’imagination et la créativité.

Miser sur la qualité rapporte des bénéfices un peu partout, pourquoi

pas en Gaspésie?

En 2012, 30 % des homards capturés dans la région sont identifiés.

Un des deux élastiques enfilés sur les pinces porte un médaillon nu-

méroté. Une fois ce numéro reproduit à

monhomard.ca

, l’acheteur est

dirigé vers le bateau. Il peut ainsi associer homard et pêcheur. Sur le

site Web, avec de courtes vidéos filmées en mer, on trouve le nom et

le numéro d’enregistrement de chaque bateau, son port d’attache, le

nom du capitaine propriétaire et une adresse courriel pour le joindre.

Sur les prises de la nation micmaque, le code alphanumérique réfère

aux conseils de bandes.

En parallèle, le Regroupement poursuit sa réflexion autour des

questions de développement durable. On cherche à obtenir la

certification MSC

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, une norme internationale qui garantit que toutes

les étapes menant à la capture sont rigoureuses, pérennes et validées

par les experts scientifiques.

Lespêcheursadhèrentprogressivement auprogrammed’identification

d’origine jusqu’à ce qu’en 2013, tous les homards gaspésiens portent

le médaillon. Au moment de quitter les quais cette année, chacun

détenait sa provision saisonnière, allouée en fonction des prises de 2014.

Et en mars 2015, le Regroupement obtenait sa certification MSC. « Un

bel accomplissement », selon Jean Côté. Toutefois, quelques correctifs

devront être apportés. Comme son renouvellement futur s’appuie sur

l’amélioration continue des pratiques, l’organisation devra, en priorité,

travailler à réduire les répercussions sur le maquereau bleu du golfe.

Une espèce utilisée comme appât dans les casiers.

“We’ve always asked MAPAQ

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to do two things:

first, protect the Québec market from lobster

arriving from elsewhere along the Atlantic seaboard

and second, set a minimum price,” explains O’Neil

Cloutier, Regroupement des pêcheurs professionnels

du sud de la Gaspésie president “but interprovincial

trade rules and the difficulty establishing an

agreement complicate things.” So to make Québec

lobster distinct at the grocery store, an identification

system was introduced. It also allows consumers

to easily trace their lobster and find out where it

came from. The lobster harvesters on the Magdalen

Islands also manage a certified origin program,

an approach that’s gradually being adopted

throughout Atlantic Canada.

A FIRST IDENTIFICATION ATTEMPT

It was 1992. The fishing industry was in crisis;

prices had collapsed. Searching for solutions, a

decision was made to identify the origin of Québec

crustaceans. That year’s lobster, with fleur-de-lys

blue elastic bands on their claws, took consumers

by surprise at the beginning of the season. But in

no time, the reaction became positive. The effort was

so successful, in fact, that lobster from other origins

bearing counterfeit elastic bands began to appear

on the market the following season. The idea of

building alliances with consumers was already on

the horizon. But prices recovered, the crisis

dissipated and the project was abandoned, and in

the end, the adventure didn’t last very long.

In 2008-2009 the industry faced another crisis.

Much worse than the last one, according to O’Neil

Cloutier. The market was flooded with small

lobster just as Québec adopted stock management

measures establishing commercial size standards.

From that time on Gaspé Peninsula harvesters

would only market lobster with a carapace size

of between 82 mm and 145 mm, the idea being to

protect both the youngest individuals and the

largest broodstock. On the whole, the fishery was

doing well and landings had increased over the

years to the point where the overall supply largely

exceeded domestic demand. Prices fell even as

boat operating costs continued to increase. “Over

time and facing pressure from anonymous brands,

we lost our market and our reputation,” observes

Jean Côté, the Regroupement’s biologist. “We had to

regain our position.”

“In 2012, we became proactive by installing

electronic logbooks on all our lobster fishing boats.

The harvesters used them to record their catch data

every day, including their by-catch.” This was one of

the steps taken to obtain recognition for the group’s

sustainable fishing practices. Then, the work began

to obtain certification guaranteeing the lobster’s

origin. As consumers became increasingly focussed

on buying locally, the idea came up again to appeal

to them and help them recognise the origin of the

lobster they were eating. Many would even be

willing to pay a little more for a quality feast as long

as they could trust the information they were given.

A decision was made to use the Internet and social

media. It was time for Lobster 2.0.

UNE CAMPAGNE D’AFFECTION

VOICI QUELQUES EXEMPLES DE COMMENTAIRES « RETRACÉS »

SUR LA PAGE FACEBOOK DU REGROUPEMENT.

4. Marine Stewardship Council

(msc.org

).

3. Ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec

Par courriel, les

mangeurs manifestent

autant d’enthousiasme.

« Pour nous, c’est

encourageant »,

de dire les pêcheurs.

« Les consommateurs

sont intéressés à

savoir que leur homard

a une histoire. »

« Merci, j’ai mangé

un homard qui a été

pêché par vous ! »

« Tellement génial

de savoir qui a

pêchémon homard

du souper ! »

« Lorsque nousmangeons du homard à la

maison, la tradition veut qu’on leur donne un

nomà leur arrivée […]. Nous avons doncmangé

Gilles, Normand, Anthony et Jean-Marc ! »

©GeorgesMamelonet

© JacquesGratton