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REPORTAGES  et entrevues

Les Explorateurs culinaires
Mission Gaspésie

Dans le cadre de l'émission de webtélé Les Explorateurs culinaires, le chef Patrice Gosselin et son équipe ont sillonné la Gaspésie pendant cinq jours pour y effectuer une série de reportages. Voici les cinq choses qu'ils ont retenues de leur expédition. L'émission Les Explorateurs culinaires peut être visionnée en tout temps, gratuitement, au www.explorateursculinaires.tv.

5. LA GASPÉSIE, C'EST VRAIMENT
UN AUTRE MONDE :
gars1Premièrement, c'est loin : un bon 8 à 9 heures de route en auto, dépendamment de votre vitesse et de votre vessie. Dans notre cas, le périple Montréal-New Richmond en train a pris une bagatelle de 10 heures, mais, heureusement, nous avions une luxueuse couchette de la taille d'une toilette d'avion, ce qui a forcé notre équipe à, comment dire, apprendre à vraiment mieux se connaître. (Merci à VIA Rail Canada pour ces moments d'intimité féroce inoubliables.) À notre arrivée, vu le temps orageux et les rails couverts de feuilles, le train a dû prendre son élan à trois reprises avant de finalement franchir la dernière côte vers la station de New Richmond. Un autre monde, qu'on vous dit. Puis, il y a les gens : chaleureux, généreux, ouverts. Ils vous convient à leur quotidien de façon spontanée et naturelle : les producteurs vous accueillent à bras ouverts, les portes d'autos ne sont pas verrouillées, ni même les entrées de maisons, tellement que cela en devient franchement alarmant, surtout si vous êtes serrurier ou policier.


4. ON NE PEUT VRAIMENT QU'ADMIRER TOUS LES PRODUCTEURS :
producteursPour être producteur aujourd'hui, il faut être non seulement un peu fou sur les bords, mais il faut aussi savoir réconcilier deux forces humaines diamétralement opposées : patience et passion. Des exemples? L'ancien technicien de la faune dans l'Arctique Jean-Guy Duchesne, qui a décidé, après des années de recherches, de se lancer dans l'élevage de yacks et a construit un ranch à vous couper le souffle à la Ferme Bos G. de Saint-Élzéar; l'apiculteur John Forest, de Maria, qui bûche avec ses ruches depuis plus de 30 ans pour produire, entre autres, un miel biologique exceptionnel; Gérard Mathar, de Gaspésie Sauvage, qui, exilé de la Belgique depuis près de huit ans, peut aujourd'hui cerner, répertorier et cueillir presque les yeux fermés tous les délices qui tapissent la forêt; Jerry Legouffe et Anne Trépanier, des Fumoirs Cascapédia, qui perpétuent une tradition ancestrale de fumage de viande et de poisson; Pierre Bourdages, de la Ferme R. Bourdages et Fils, qui cherche toujours à se réinventer, entre deux séances de D.J., en façonnant notamment une liqueur aux fraises. En pensant à leur ténacité et à leur créativité, nous tenons à dire une chose aux gens qui rechignent encore sur le coût des produits locaux : si cela vient d'ici, arrêtez donc de chialer sur le prix, compris? Merci.


3. LA MER EST VICTIME DE LA MONDIALISATION :
Comme un virus contagieux, la mondialisation a aussi trouvé le startreckmoyen d'infiltrer les eaux de la Gaspésie. Ainsi, les moules de la Gaspésie ont de la difficulté à se tailler une place au supermarché du coin, comme nous l'a expliqué Stéphane Morrissette, pêcheurbiologiste chez Menu-Mer. Pour ce qui est du homard, O'Neil Cloutier, du Regroupement des pêcheurs professionnels du sud de la Gaspésie, nous a expliqué qu'il y a moins de homards à cause des changements climatiques et que les pêcheurs trouvent difficilement preneurs, à cause notamment d'une concurrence féroce des Maritimes. Pendant ce temps, leurs dépenses augmentent, et le prix à la livre est en chute libre, souvent à cause de méthodes plutôt déloyales de la part des gros acheteurs qui font baisser les prix, en raison de la crise économique – évidemment. Pris à la gorge, les pêcheurs vendent leurs produits à perte ou sont désormais obligés de trouver d'autres façons de faire leurs frais. Chez Menu-Mer par exemple, on développe de nouveaux produits transformés, comme la chair de moules en conserve. Pour ce qui est du homard, on se tourne vers l'étranger pour écouler les stocks. En résumé, on ne peut plus vivre de ce que nous donne la mer. En plus, on ne peut plus vendre ce qu'on pêche dans sa propre communauté. Apparemment, c'est ce qu'on appelle le progrès. Permettez-nous d'en douter.


2. LE MYSTÈRE DES DIXIE LEE :
dixie_leeInitialement, nous pensions qu'il s'agissait d'un phénomène isolé. Mais plus nous nous enfoncions dans le territoire gaspésien, plus les restaurants Dixie Lee pullulaient sur la route, comme des postes de ravitaillement stratégiques répartis aux confins de la région. Tellement, que c'en est devenu carrément troublant. Après tout, se pourrait-il qu'une chaîne de restauration rapide aussi populaire, aussi répandue, soit complètement méconnue de nous? Montréal n'est-elle pas le centre de l'univers culinaire?! Légèrement gênés par la chose, nous avons tenté de nous renseigner un peu. Si on comprend bien, il s'agit d'une chaîne de restaurants qui offrent au menu un mariage unique de poulet frit et de poisson frit. D'ailleurs, le logo des restaurants en Ontario – où le premier Dixie Lee a ouvert ses portes, en 1964 – est nul autre qu'une poule et un poisson qui valsent, pendant qu'au Québec et dans les Maritimes, on a plutôt opté pour une caricature d'une serveuse du style Betty Boop. Toujours est-il que depuis ses débuts à Belleville, en Ontario, Dixie Lee a fait du chemin, et la chaîne s'apprête maintenant à ouvrir des restaurants en Jamaïque et à Dubaï. Il y en a même un à Varennes et un autre est à vendre sur la Rive-Sud de Montréal. Quand même.


1. LA GASPÉSIE, C'EST PAR-DESSUS TOUT TRÈS BEAU :
arc_cielTRÈS, TRÈS beau. Vous savez, dans le merveilleux monde urbain d'où nous venons, nous avons perdu ce réflexe de momentanément lever la tête pour mieux contempler ce qui nous entoure, justement parce que ce qui nous entoure est souvent foncièrement artificiel et insignifiant, ou encore parce qu'on cherche toujours à nous vendre quelque chose de foncièrement artificiel ou insignifiant. Pas en Gaspésie. Nous pourrions vous parler des paysages farouches, des routes sinueuses et des falaises vertigineuses, du ciel qui émerveille et de la mer qui veille, et, bien sûr, de LA grosse roche avec un trou, mais nous préférons illustrer le tout par une petite anecdote. Après notre première journée en Gaspésie, lors d'un bel après-midi pluvieux, alors que le ciel cédait finalement une place au soleil, nous nous sommes soudainement arrêtés en catastrophe sur la route 132, après une averse... pour mieux contempler un arc-en-ciel.

Mais, s.v.p., gardez cela pour vous.


Source : Guide-Magazine Gaspésie Gourmande 2010, p. 70 à 73.

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PAR LES EXPLORATEURS CULINAIRES


Gaspésie, frontière de l'infini vers laquelle ont voyagé les Explorateurs culinaires. Leur mission : explorer de nouvelles saveurs, découvrir de nouvelles cultures culinaires et, au mépris du danger, repérer de nouveaux produits jusqu'ici inconnus.


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