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Dans leurs discussions, l'omnipraticienne Isabelle Garcia, l'agronome Isabelle Boisvert et le conseiller en développement rural Georges Savard partaient de la notion d'améliorer leur milieu de vie. L'utilisation de la nourriture locale pour y arriver ne s'imposait pas d'emblée, bien que l'agronome en Isabelle Boisvert suggérait cette voie. « L'objectif, c'était de développer la communauté. Ça aurait pu être à travers les loisirs, les sports. Améliorer la santé des gens en les engageant dans le processus, améliorer la communauté en la considérant elle-même comme un être vivant, nous semblait la façon d'y arriver », explique Isabelle Boisvert, coordonnatrice du projet. Elle et Isabelle Garcia ont mené les démarches ayant débouché en 2008 sur une aide d'environ un million de dollars visant à réaliser, d'ici 2014, l'initiative qui se déploie sur quatre terrains d'étude. À Val-d'Espoir, paroisse au riche patrimoine agricole abritant jadis une école d'agriculture, la population a choisi le volet nourricier. « Les gens ont réalisé leur premier jardin communautaire en 2009. On planifie aussi une production animale collective. Deuxièmement, on a mis sur pied les "Petits cuistots à l'école", où les parents animent les ateliers communautaires dans les classes. On a aussi organisé les potagers éducatifs des enfants, où ils passent d'une demie à deux demi-journées par semaine », précise Isabelle Boisvert. Le marché Coop de Percé constitue le deuxième terrain d'étude du projet, grâce à la collaboration du gérant, Stéphane Langlois. « On assiste à une coalition épicier-pharmacien. En 2009, des groupes ont fait le tour des allées. Avec l'initiateur, le pharmacien Daniel Lebœuf, on a fait de l'éducation en épicerie, avec la lecture des étiquettes, pour apprendre ce qu'est le bon gras, les sucres et le reste », dit-elle. En 2010, on a formé un groupe d'achat de bœuf 100 % gaspésien. « Il y aura une phase 2, où nous prendrons des commandes pour les légumes d'hiver à l'automne 2010, et pour du poisson », ajoute-t-elle. Chandler est le troisième terrain d'étude. D'une part, 80 jeunes participent au potager du Camp de vacances Bellefeuille, tandis que l'équipe d'Isabelle Boisvert tente de faire rentrer les produits locaux dans les institutions. La quatrième phase s'étend à toute la MRC. L'équipe cherche à faire le portrait des producteurs, des transformateurs de produits marins, des associations de pêcheurs, des boucheries. « Qui sont-ils? À qui vendent-ils? Quel est leur volume de production? Ont-ils une relève et une volonté de vendre sur le marché local? » demande Isabelle Boisvert. Dans ce cas aussi, il s'agit de faire le maillage entre consommateurs et producteurs. « Nous avons de bons produits, sans pesticides, sans hormones, presque sans antibiotiques, administrés au cas par cas. Nos terres reçoivent peu d'engrais chimiques. Nous avons ce qu'il faut pour produire la santé », conclut-elle. |
Source : Guide-Magazine Gaspésie Gourmande 2010, p. 20 à 21.
